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Vayres
Avenue du Thil

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Dans le cadre de l’agrandissement de la station d’épuration de Vayres, des sondages de diagnostic ont été réalisés sur une parcelle de 2 000 m2, sous la forme de trois tranchées. Elles ont révélé une séquence sédimentaire d’alluvions fine, contenant deux horizons archéologiques. Attribuées à la fin de la période gauloise, ces découvertes ont justifié la prescription d’une fouille.

Les fouilles réalisées à Vayres « Avenue du Thil », dans des conditions d’intervention souvent difficiles, ouvrent une petite fenêtre, inférieure à 1 000 m2, sur l’historique du peuplement de cette région de la basse vallée de la Dordogne.

Le secteur observé se trouve en marge de la basse plaine inondable, au pied d’une éminence formée par les terrasses alluviales anciennes, dessinant des « marches » parallèles à la rivière. La géomorphologie montre qu’au début de l’Holocène, les reliefs étaient plus accentués qu’aujourd’hui, avec des terrasses un peu plus élevées, et surtout avec une plaine alluviale plus profonde. Celle-ci s’est progressivement comblée de limons de débordement et d’argiles fines, selon une dynamique qui est toujours à l’œuvre lors des crues. Dès les périodes anciennes, la présence de sédiments graveleux au pied du rebord de terrasse montre l’existence d’une dynamique d’érosion canalisée, qui se manifeste, semble-t-il, par la stabilisation progressive d’un chenal, dont le tracé est nettement affirmé dans les horizons postérieurs aux fossés protohistoriques. Dans l’évolution de ce drain naturel, ces structures ont probablement intégré cette contrainte dans la structuration de l’espace.

Dans cet enregistrement sédimentaire dilaté sur près de 2 m, la stratigraphie montre deux périodes d’occupation assez nettement séparées en altitude, mais faiblement distinctes au sein des sédiments, qui demeurent quasiment invariants sur tout le profil.

Les niveaux inférieurs, vers 0,70 m de profondeur, contiennent, de manière isolée et sporadique, des amas de tessons correspondant souvent à de gros fragments de vases, qui ont pu être rejetés là depuis un habitat proche, ou apportés par des dynamiques de colluvionnement en masse. Ils permettent de dater une première phase d’occupation, qui se situe pendant le deuxième quart du premier siècle avant notre ère (La Tène D). La collection confirme l’existence d’une production potière locale dont le style et la technologie sont bien affirmés. La bonne représentation des amphores pourrait aller de pair avec la proximité d’une zone portuaire, dont l’existence est supposée, à la confluence entre Dordogne et Gestas, au pied du Château de Vayres (fouilles C. Sireix).

Après un épisode sédimentaire sub-stérile, qui peut signer un certain hiatus dans l’occupation du site, une seconde phase d’occupation se manifeste par la mise en place d’un système de fossés et par des structures en relation avec des travaux de mise en valeur agricole (foyers d’essartage). Deux épisodes se succèdent dans cette phase, probablement sans hiatus, comme l’indique le respect des plans antérieurs. Des fossés sinueux semblent précéder la mise en place de fossés rectilignes, au sein d’un parcellaire probablement assez vaste, mais dont on ne peut préjuger à partir du décapage observé. En l’absence de mobilier dans les structures, on ne dispose pas d’argument de datation directe. Cependant, compte tenu de leur enfouissement (niveau d’ouverture vers - 0,50 m) et de la proximité de l’horizon archéologique inférieur qui a été entaillé, l’écart chronologique n’est probablement pas très grand avec les niveaux inférieurs. En d’autres termes, on considère comme hautement probable que ces fossés appartiennent à la fin de la période gauloise ou aux débuts de l’Antiquité (transition entre plans sinueux et rectilignes), même s’il demeure possible qu’ils puissent être un peu plus tardifs. Une attribution postérieure à l’Antiquité serait toutefois aberrante en regard de la stratigraphie.

Les remontages céramiques ont permis de constituer un large référentiel (A. Zobri), qui abonde la connaissance des productions locales de céramique « grise de Vayres », tant du point de vue de leurs formes que de leur technologie.

Prodéo Frédéric et Zobri Amar