Archéologie de la France - Informations
Connexion

Arles
Tour de Roland, théâtre antique

montrer/cacher les métadonnées

L’étude archéologique des élévations de la tour de Roland, située au théâtre antique d’Arles, a été réalisée dans le cadre de la restauration du secteur sud du théâtre romain (plan Patrimoine antique). Les travaux ont nécessité la pose d’un échafaudage entourant la totalité de la tour de Roland, rendant accessibles toutes les élévations extérieures et intérieures. Avant l’intervention de restauration et de consolidation (microsablage, purge des joints, rejointoiement et bouchage des fissures), il a été jugé opportun de réaliser une étude archéologique de l’édifice, permettant de le documenter dans son état avant intervention. La maîtrise d’œuvre a été assurée par François Botton, architecte en chef des Monuments historiques. Les travaux de maçonnerie étaient confiés à l’entreprise Mariani. L’équipe de relevé et d’étude était formée de deux personnes, salariées par l’association Le Céraphin : Vanessa Eggert et Erwan Dantec.

L’étude archéologique du bâti s’est déroulée en trois étapes :

  • la réalisation de photographies redressées en décembre 2006 ;

  • le relevé des élévations en janvier-mars 2007 : les élévations intérieures et extérieures de la tour ont été relevées à l’échelle 1 : 20 de manière quasi exhaustive, à partir des échafaudages avec l’aide des photographies redressées (fig. n°1). Des échantillons de mortier ont été prélevés dans les élévations postérieures à l’Antiquité ;

  • l’étude postchantier (en cours) qui comprend l’analyse des données recueillies pendant la phase de relevé, l’étude macroscopique des mortiers ainsi qu’une étude iconographique.

Synthèse des principaux résultats



Le relevé de la tour a permis d’étudier le seul vestige des trois niveaux d’élévation de la façade extérieure du théâtre romain et de documenter l’occupation du théâtre après l’Antiquité.

Des vestiges de l’élévation antique du théâtre sont conservés sur les quatre faces de la tour, principalement sur la face sud (fig. n°2) qui correspond à une travée de la façade extérieure – et sur la face ouest – qui correspond à la limite entre la cavea et la basilica sud. Le relevé et les observations à partir de l’échafaudage ont permis de s’intéresser aux décors, principalement les frises doriques séparant les trois niveaux de la façade sud ; ils ont été réalisés après le montage des blocs de pierre et ne prennent pas systématiquement en compte les hauteurs d’assises ; la qualité et les dimensions des éléments sculptés diminuent avec la hauteur. Le relevé a également été l’occasion de repérer des différences dans les techniques de construction sur la façade sud, qui dévoilent l’organisation du chantier avec des équipes distinctes travaillant sur différents secteurs du monument.

À la fin de l’Antiquité, la partie sud du théâtre a été intégrée dans la nouvelle enceinte réduite bâtie au Ve s., entraînant le bouchage des arcs de la façade sud. Lors de la construction de la tour dite de Roland, la partie sud du théâtre romain devait être en état de ruine partielle car les élévations médiévales s’appuient à l’est et au nord sur des élévations romaines conservées qu’au rez-de-chaussée.

Les élévations médiévales, datables des XIIe s. et XIIIe s. sont bâties en moellons équarris avec des chaînes d’angles en pierre de taille, et étaient percées de plusieurs petites baies barlongues couvertes de linteaux et d’une baie couverte d’un arc en plein cintre taillé dans un linteau. Les ouvertures permettent de restituer trois niveaux au-dessus des arcades antiques en rez-de-chaussée. La fonction de la tour n’a pas encore été déterminée.

À la fin du Moyen Âge et des Temps Modernes, la tour connaît quelques remaniements, principalement des bouchages d’ouvertures accompagnés de percements de nouvelles baies. Les élévations antiques sont consolidées et restaurées dans les diverses campagnes de travaux qui ont concerné le théâtre pendant les XIXe s. et XXe s.

EGGERT Vanessa


Figure 1 : Relevé de la face nord de la tour de Roland
Figure 2 : Vue de la face sud de la tour de Roland