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Eyliac – Thenon
Gazoduc

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Le triplement d’une canalisation de transport de gaz naturel à l’est de Périgueux concernant environ 18 km entre Thenon et Eyliac a conduit à la prescription d’un diagnostic archéologique articulé en trois phases distinctes : une prospection pédestre suivie de sondages mécaniques sur trois tronçons puis une phase de surveillance des travaux.

Le service régional de l’Archéologie avait sélectionné trois secteurs à sonder à partir de l’inventaire des sites connus :

·    Saint-Antoine-d’Auberoche : aux abords du Cros ;

·    Fossemagne : de la place à la Placette ;

·    Thenon : la Besse, le Cheylard, La Fouille, la Mouthe Basse, auxquels a été ajouté un quatrième secteur, issu des résultats de la prospection pédestre ;

·    Blis-et-Born : le lac de la Vieille.

La découverte de mobilier du Paléolithique moyen près du lac de la Vieille en surface des labours fait figure d’exception dans le déroulement de la prospection pédestre. Celle-ci n’a en effet livré que peu d’indices en raison de la nature de l’occupation du sol sur le tracé du gazoduc : bois et prairies pour l’essentiel.

De même, la phase finale de surveillance des travaux n’a révélé aucun site archéologique.

En revanche, la phase de réalisation de sondages mécaniques a apporté un plus grand nombre d’informations.

L’un des cinq sondages du lac de la Vieille, à Blis-et-Borna livré dans un contexte de paléosol interglaciaire résidualisé une huitaine de pièces attribuées au Paléolithique moyen.

 Thenon, la Mouthe Basse, en contexte de débordement du ruisseau de la Laurence, a été trouvé un mobilier lithique hétéroclite : un nucleus, un fragment de lame retouchée, des fragments d’éclats de taille en silex sénonien de datation indéterminée en même temps que du mobilier céramique, notamment de l’amphore italique, se rattachant à La Tène finale.

Un fossé linéaire, unique témoin structuré, non daté, était présent dans le niveau sous-jacent.

La découverte la plus importante a été réalisée à Thenon, au lieu-dit La Fouille avec la mise au jour dans un sondage d’une série lithique de cent vingt-neuf pièces pour les deux tiers en bon état de conservation et reflétant au moins trois schémas de débitage Levallois (Étude Michel Brenet, rapport intermédiaire de La Fouille).

Malgré le peu de temps imparti par l’avancement des travaux du gazoduc, une opération complémentaire a pu être réalisée par Laurence Bourguignon (INRAP) en août 2007, aboutissant aux conclusions suivantes.

Au lieu dit La Fouille, la topographie locale, à 200 m d’altitude NGF en moyenne, correspond à un replat de l’embouchure d’un petit vallon sur la rivière Laurence, un affluent de la Vézère à 12 km au sud-est. Durant le Paléolithique moyen, plusieurs groupes humains semblent s’être succédé dans ce secteur, l’occupation (ou les occupations) la(es) plus ancienne(s), niveau 3, a (ont) subi de forts remaniements qui empêchent de donner une réelle attribution chronoculturelle, on soulignera toutefois que l’industrie lithique est constituée des mêmes composants technotypologiques que le niveau 2 plus récent, attribué au Moustérien de tradition Acheuléenne. La séquence se clôture par a présence d’un niveau Paléolithique supérieur. Le débitage de produits de première intention identifiés, la présence de quelques supports retouchés interprétés comme des fléchettes atypiques (ou des pointes à face plane ?) orientent l’attribution chronoculturelle vers les premières phases du Gravettien ou du Solutréen inférieur (Demars et al, 1992). L’absence de pointes de La Gravette situerait ce faciès lithique particulier et méconnu dans le « Bayacien » (Delporte, 1972).

Cette attribution reste cependant dépendante de l’hypothèse que les supports pour les fossiles directeurs comme les pointes de La Gravette et de Font-Robert soient voués à l’exportation. Ceci préciserait la fonction du site vers celle d’un faciès d’atelier, probablement satellite à un gisement plus important. Cette hypothèse serait partiellement étayée par la présence de matières premières minérales allochtones venant de la région de Brive.

GINESTE Marie-Christine et BOURGUIGNON Laurence